L’intelligence artificielle
Ce que l’intelligence artificielle révèle de notre propre humanité.
L’intelligence artificielle parle. Elle répond, reformule, écrit, explique. Elle produit des textes, des images, des idées. Elle semble comprendre. Et pourtant, elle ne ressent rien.
Cette évidence ouvre une question plus profonde qu’il n’y paraît : qu’est-ce que comprendre, si l’on ne ressent rien ?
Comprendre, ce n’est pas seulement organiser des informations. C’est aussi être affecté. C’est être traversé par ce que l’on perçoit. C’est ce lien entre connaissance et expérience que l’intelligence artificielle vient interroger.
Elle peut décrire la peur sans l’avoir ressentie. Parler de la fraternité sans en avoir fait l’expérience. Évoquer la guerre sans en porter la trace. Elle manipule des formes, mais elle n’habite pas ce qu’elle dit.
« Le risque n’est pas tant de ne pas savoir. Le risque est de ne plus faire l’expérience de ce que l’on sait. »
Dans une démarche initiatique, cette distinction est essentielle. Car le travail ne consiste pas à accumuler des connaissances, mais à les éprouver. À les traverser, à les confronter à soi-même, à en faire quelque chose de vivant. Or ce passage, de l’information à l’expérience, échappe à la machine.
Car nous lui avons donné la parole






